Axe 2 : De la vasière à la mangrove

Diversité, dynamique et fonctionnement  des écosystèmes littoraux guyanais

Animateurs

Emma Michaud (LEMAR) et Sandric Lesourd (M2C).


Participants

AMAP : Christophe Proisy
CEREGE : Edward Anthony
CNRS Guyane : Antoine Gardel (CNRS Guyane et LOG), Sylvain Orseau, Yann Rousseau
ECOLAB : François Fromard, Franck Gilbert, Romain Walcker
Ifremer : Fabian Blanchard  (Ifremer Guyane), Luis Lampert
IRD : Patrick Seyler
L2G : Laurent Polidori
LEGOS : Jean-Pierre Lefebvre
LEMAR : Adelaïde Aschenbroich, Jacques Clavier, Aude Leynaert, Emma Michaud, Gérard Thouzeau
LIENSs : Pierrick Bocher, Christine Dupuy
LOG : Luis Felipe Artigas, François Pierre Danhiez, Hubert Loisel
M2C : Julien Deloffre, Sandric Lesourd, Fabienne Petit
MIO : Patricia Bonin, Philippe Cuny
ODC-IUEM : Jacques Grall
TropWATER : Thomas Stieglitz


Contexte

Pour qu’une vasière soit colonisée par la mangrove, de nombreux processus biologiques et biogéochimiques rentrent en jeu.

Plusieurs étapes sont franchies : au niveau du banc, la vase en provenance de l’embouchure de l’Amazone est d’abord mobile et fluide. Puis, la vase se consolide sous la forte influence des houles et marées, associée au développement de biofilms, composés de microorganismes, qui structurent le dépôt sédimentaire. En parallèle, une faune benthique spécifique colonise le sédiment vaseux.

Biofilm vasière Sinnamary © EMichaud CNRS
Biofilm vasière Sinnamary © EMichaud CNRS


Une fois la vase consolidée, les palétuviers qui constituent les forêts de mangrove peuvent pousser, on parle de mangrove pionnière. Ils présentent une croissance très rapide, environ 5 mètres de hauteur en 2 ans.

Mesure d'une pousse de palétuvier © EMichaud CNRS
Mesure d’une pousse de palétuvier © EMichaud CNRS


Ensuite, la forêt se développe et devient mature. Elle peut mourir naturellement au bout d’une cinquantaine d’années. Sous l’effet de l’érosion d’une partie du banc de vase, la forêt de mangrove peut être détruite plus rapidement.

Palétuvier rouge © EMichaud CNRS
Palétuviers rouges © EMichaud CNRS


Beaucoup de connaissances restent à acquérir sur la diversité des peuplements au sein des vasières et des mangroves, sur leur dynamique et leur fonctionnement, ainsi que sur l’ensemble des processus physiques et biogéochimiques qui permettent de passer de l’état de vasière nue à celui de vasière colonisée par la mangrove.


Questions scientifiques
  • Quels sont les forçages océano-climatiques responsables de la dynamique du littoral guyanais ? Quelle sera leur évolution avec le changement global ?
  • Quel est le rôle des fleuves dans la dynamique des bancs de vase le long de la côte (apports en sédiments, eau douce, etc.) ?
  • Comment se déroule le cycle du carbone dans les zones de vasières et de mangroves ?
    – Quelles quantités de biomasses de végétation sont produites par ces milieux ?
    – Quelle estimation peut-on faire des quantités de carbone reçues par les fleuves, présentes dans les sédiments et exportées vers les eaux adjacentes ?
  • Quel est l’état de la biodiversité dans ces zones : oiseaux, poissons, benthos (microalgues, microfaune et macrofaune) ?
    Des inventaires qualitatifs et quantitatifs saisonniers sont prévus.

Organismes présents dans la vase © AAschenbroich et EMichaud CNRSOrganismes présents dans la vase : bivalves, crabes, crustacés, vers marins, etc. © AAschenbroich et EMichaud CNRS

  • Quel est le rôle joué par la biodiversité benthique (organismes aquatiques vivant à proximité du fond marin : crevettes, crabes, vers, crustacés, etc.) dans la structure trophique, c’est-à-dire l’ensemble des chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème ?
  • Quel est l’impact de cette biodiversité benthique sur le fonctionnement physique et biogéochimique des vasières et des mangroves ?

Moulage de terrier de crabe © EMichaud CNRS
Moulage réalisé à partir d’un terrier de crabe dans la vase
©  Arthur Alt